mercredi 29 juillet 2009

L'ennemi #1 de Régis Labeaume est ... Régis Labeaume!

D'ici les prochains mois, l'objectif principal de Régis Labeaume sera de ne pas compter dans son propre but. Car sans opposition électorale, il est bien difficile d'attendre une gaffe venant de l'adversaire. Le maire sortant aura donc à jouer de finesse.

Régis Labeaume sait comme nous tous que son élection est assurée. Toutefois, si le maire souhaite gouverner sans opposition, sa marge de manœuvre sera très mince.


Le passé a prouvé que la population applique elle-même le principe politique de poids et contrepoids. Ce principe étatsunien veut que chacun des pouvoirs, le législatif, le judiciaire et l'exécutif s'équilibrent entre eux pour empêcher l'empiètement de l'un par rapport à l'autre.


L'électorat des États-Unis s'est souvent charger d'exprimer ce principe en élisant un président républicain, tout en votant pour un congrès composé en majorité de représentants et sénateurs démocrates (ou vice et versa). Ce principe n'a pas toujours été appliqué, mais l'histoire étatsunienne l'a à maintes fois démontrée.


Au Québec, l'élection des premiers ministres n'étant pas séparée de celles des députés comme aux États-Unis, nous avons pu l'observer d'une autre façon. Ainsi, à chaque fois qu'un gouvernement centralisateur fort se retrouvait à Ottawa, les gens optaient pour un gouvernement péquiste. Un balancier politique à la sauce québécoise!


Lors des deux premières élections de la nouvelle grande ville de Québec, l'électorat opta pour donner une forte majorité à l'opposition. Quand Jean-Paul L'Allier fut élu en 2001, l'Action civique amena 23 nouveaux conseillers. En 2005, Andrée P. Boucher eut à faire face à 24 élus du Renouveau municipal.


Cette fois, l'électorat pourrait être tenté de freiner Régis Labeaume qui a des idées très arrêtées sur le futur de la ville de Québec.


Plus encore, les transfuges entre partis n'ont pas souvent la cote lors d'élections municipales. En 2005, cinq élus s'étaient présentés sous les couleurs de Vision Québec, l'équipe de l'ancien ministre libéral Marc Bellemare, après avoir été élus en 2001 avec l'ACQ ou le RMQ. Grave erreur, un seul, Richard Côté fut reconduit pour un autre mandat.


Bien sûr, Régis Labeaume n'est pas Marc Bellemare. Toutefois, les conseillers sortants qui ont décidé de se présenter avec l'équipe du maire Labeaume, ne sont pas certains d'une réélection facile. De un, l'électorat n'a pas l'habitude d'appuyer les transfuges et de deux, l'électoral à comme habitude d'appliquer le principe de contrepoids!

vendredi 24 juillet 2009

L'état de situation partisan

Depuis la création de la nouvelle ville fusionnée de Québec, les luttes lors des élections de 2001 et 2005 avaient principalement opposé, le Renouveau municipal de Québec (RMQ) et l'Action civique de Québec (ACQ). D'un côté le RMQ était lié au Parti Québécois et au pro-fusionnistes, tandis que le l'ACQ était accoquiné aux libéraux et aux défusionnistes. Les deux premières campagnes étaient marqués par un clivage clair et net, entre deux idéologies.

Cette division est beaucoup plus vague en 2009. D'abord parce que la question des fusions défusions est chose du passé. L'Ancienne-Lorette et Saint-Augustin ont fait le choix de se retirer de Québec et les défusionnistes ne parlent plus des fusions qui leur ont été imposées. Ensuite, parce que le RMQ a connu de nombreuses crises depuis le départ de l'ancien maire, Jean-Paul L'Allier et l'ACQ n'existe tout simplement plus. Les électeurs ont donc moins de balises pour s'orienter et les différences entre les partis sont moins notoires. C'est ce qui rend les élections des districts imprévisibles.

La chute du RMQ prend ses origines, en 2005, lors du départ de Jean-Paul L'Allier, premier chef de la formation politique née de la nouvelle ville de Québec. La course à la chefferie opposa alors Claude Larose, dauphin de L'Allier, Ann Bourget et Régis Labeaume. La course à la mairie qui suivi le décès de Andrée P. Boucher, opposa principalement ses trois candidats... Mais en 2005, le ralliement de Bourget en faveur de Claude Larose, même si Labeaume était le meneur après le premier tour de scrutin, empêcha celui-ci de devenir chef du RMQ. C'est à ce moment que le RMQ s'est tranquillement distancé de l'électorat. Régis Labeaume aurait sûrement perdu les élections face à l'ancienne mairesse de Sainte-Foy en 2005, mais il aurait sûrement réessayé deux ans plus tard en portant les couleurs de RMQ.


Après la défaite d'Ann Bourget aux mains de Régis Labeaume, les défections ont été nombreuses. Des 24 élus en 2005 au RMQ, il n'en reste plus que 11. Lors de la prochaine campagne électorale, le RMQ ne présentera qu'une quinzaine de candidats, principalement dans Québec-Centre, tandis que la banlieue sera délaissée par la formation. Ajoutons à cela que les organisateurs et candidats de la formation politique proviendront principalement de Québec solidaire alors que le Parti Québécois représentait la base traditionnelle de RMQ. En 2005, pratiquement tous les candidats du RMQ possédaient leur carte de membre du PQ, mais cette fois, les péquistes sont divisés entre cette équipe et l'Équipe Labeaume.


Le vieux clivage traditionnel entre RMQ et ACQ ne sera pas présent cette fois-ci. Le RMQ a de la difficulté à se redéfinir face à la popularité du maire sortant et les militants péquistes sont divisés entre deux formations. Ajoutons à cela que l'ACQ s'est dissoute pour rejoindre la nouvelle équipe de Régis Labeaume. Une campagne électorale favorable aux candidats indépendants dans les districts? La réponse le 1er novembre!

mercredi 22 juillet 2009

Too close to call (quatrième partie)

Le 1er novembre au soir, ce sont les conseillers et non, l'élection à la mairie qui sera à surveiller. Au Nord de Québec, les districts sont de petits royaumes où le candidat importe plus que la formation politique qu'il représente. Cependant, est-ce que la popularité de Régis Labeaume créera une vague en faveur de ses candidats? La victoire à la mairie est acquise pour Régis Labeaume, mais pour obtenir un Conseil municipal majoritaire, le maire sortant aura besoin de victoires de ses candidats dans le Nord.


District de Lac-Saint-Charles-Saint-Émile


Le Royaume de Lac Saint-Charles appartient à Jacques Teasdale, mais avec la fusion de certains districts pour en réduire le nombre, on y ajoute une bonne partie de Saint-Émile. Ce territoire est représenté par Steeve Verret, nouveau candidat dans l'Équipe Labeaume. Bien que Jacques Teasdale aura un fort appui sur le territoire du Lac Saint-Charles, la bataille devrait être vive à savoir si le candidat indépendant réussira à vaincre Verret qui est dans une équipe au chef très populaire. Ce n'est pas Steeve Verret qui déterminera son futur, mais plutôt Régis Labeaume... Si le maire sortant démontre efficacement qu'il a besoin de la majorité au Conseil pour l'appuyer, peut-être que les électeurs seront tentés de voter pour Verret.


District de Loretteville


Dans ce district, les électeurs de Loretteville auront droit à la reprise de l'élection 2005. Lors de ce scrutin, Raymond Dion, alors candidat indépendant, avait battu Robert Martel de l'ACQ, par seulement 59 voix. Cette fois, les rôles sont inversés, car Martel se présente comme indépendant, tandis que Dion défendra les couleurs de l'équipe de Régis Labeaume. Profitant d'une bonne visibilité dans son milieu, Robert Martel talonnera assurément Dion le 1er novembre. Assez pour prendre sa revanche?


lundi 20 juillet 2009

Too close to call (troisième partie)

Le 1er novembre au soir, ce sont les conseillers et non, l'élection à la mairie qui sera à surveiller. Dans Charlesbourg, la bataille sera vive, car cet arrondissement était très fidèle à l'Action civique de Québec. Maintenant que l'ACQ est disparue, vers qui les électeurs se tourneront? La victoire à la mairie est pratiquement acquise, mais Régis Labeaume obtiendra-t-il la majorité au Conseil municipal?


District du Trait-Carré


Dans ce district au cœur de Charlesbourg, le dénouement ne peut être annoncé à l'avance, car les protagonistes sont les mêmes, mais ils ne défendent plus les mêmes couleurs qu'en 2005. Indépendant cette année, Gilles Marcotte, conseiller du district de Jean-Talon pour le RMQ, s'est retiré de la formation politique après la victoire de Régis Labeaume en décembre 2007. Battue par Gilles Marcotte avec seulement 184 voix en moins en 2005, l'ancienne présidente de l'ACQ, Michelle Morin-Doyle se présentera, cette fois, sous la bannière de l'Équipe Labeaume. Toutefois, les cartes pourraient être rebrassées complètement, si Éric R. Mercier, fils de Ralph Mercier et ancien député de Charlesbourg, se présentait. Présentement adjoint politique sous le gouvernement Charest, Mercier serait tenté de prendre la relève de son père. Si Mercier venait à briguer les suffrages, la machine de son père et celle libérale lui assurerait une percée aisée. Affaire à suivre...


District des Sentiers


Michel Fecteau, conseiller pour le RMQ sera peut-être l'un des rares candidats de cette formation à sauver son siège hors centre-ville. Fecteau avait remporté ses élections par uniquement 26 voix en 2005. Quant à elle, l'Équipe Labeaume a nommé Odette Simoneau qui s'était d'ailleurs présentée dans ce district pour le RMQ en 2001.

mardi 14 juillet 2009

Too close to call (la suite...)

Voici d'autres districts qui seront à surveiller le 1er novembre au soir. Aujourd'hui, c'est au tour du secteur de Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge. La victoire à la mairie est pratiquement acquise, mais Régis Labeaume obtiendra-t-il la majorité au Conseil municipal? 


District de Saint-Louis-Sillery


Avec le redécoupage des districts proposé par le Rapport Mercure, certains conseillers sortant s'opposeront. C'est d'ailleurs le cas dans ce district où les indépendants Paul Shoiry et André Demers s'opposeront. Cette bataille sera âprement disputée, car même si les deux candidats se présentent sous la bannière indépendante, les deux proviennent des deux anciens grands partis de la scène municipale québécoise. Shoiry sera-t-il appuyé par les militants de l'ex-Action civique et Demers aura-t-il dans ses rangs des militants du Renouveau municipal ? Au milieu des expérimentés politiciens municipaux, l'Équipe Labeaume lancera dans la mêlée Francine Lortie, ancienne présidente de la Chambre de commerce en 2004-2005.


District du Plateau


Pour l'instant, il semble se profiler une belle lutte entre Gérard Landry du RMQ et Marie-Josée Savard de l'Équipe Labeaume. Cependant, si la tendance se maintient, comme le veut l'expression consacrée, la course devrait se régler dès que Marc Boucher, le mari de l'ancienne mairesse, annoncera qu'il tient une séance de signature pour son bulletin de candidature sur son terrain de Sainte-Foy. Dès ce moment, Marc Boucher sera assuré de faire son entrée au Conseil municipal. Ajoutons à cela que la victoire de Gérard Landry aux mains de Francine Bouchard, lors de l'investiture du RMQ, a créé certaines divisions.


District de Cap-Rouge


Après sa défaite pour l'investiture du RMQ dans le Plateau, Francine Bouchard a décidé d'aller vers Cap-Rouge, mais cette fois en tant qu'indépendante. Résidente de Pointe-Sainte-Foy, secteur compris dans ce district, Mme Bouchard affrontera Denise Tremblay-Blanchette de l'Équipe Labeaume qui elle, est résidente de Cap-Rouge. Il sera intéressant de voir laquelle réussira à aller chercher du vote dans le territoire de l'autre. Ces deux candidatures sont une preuve éloquente de la déconfiture encaissée par le RMQ depuis plus d'un an, car Bouchard et Tremblay-Blanchette avaient été élues avec les couleurs du RMQ en 2005.

lundi 13 juillet 2009

Too close to call

Le premier texte du blog se penchera sur les luttes qui se dessinent entre les candidats connus ou pressentis dans le centre de la ville. La victoire à la mairie est pratiquement acquise, mais Régis Labeaume obtiendra-t-il la majorité au Conseil ? 


Régis Labeaume gouverne en roi et maître pour l'instant, mais le premier magistrat de Québec sait très bien que son succès ne perdurera pas pendant des années. Lorsqu'il sera moins populaire, il aimera bien avoir une majorité de conseiller pour l'appuyer. Mais l'impopularité du maire ne sera pas pour demain...


District de Saint-Sauveur dans La Cité-Limoilou


Avec le départ de Louise Lapointe (indépendante mise à la porte par Alain Loubier à son arrivée à la tête du RMQ), la bataille sera intéressante entre Serge Petitclerc candidat du RMQ et Geneviève Hamelin de l'Équipe Labeaume. Les deux candidats viennent du milieu communautaire, pré-requis pour se présenter dans Saint-Sauveur. Ce district sera intéressant à surveiller le 1er novembre au soir, car c'est dans Québec-Centre que le RMQ fonde ses derniers espoirs. Si une candidate de l'Équipe Labeaume gagnait dans ce quartier de la basse-ville, la déroute du RMQ serait complète. 


District de la Cité-Universitaire dans Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge


Belle lutte en perspective, car Jérôme Vaillancourt du RMQ sera opposé à la même adversaire que lors de l'élection municipale de 2005. À l'époque, Jérôme Vaillancourt avait battu Christiane Bois par seulement 157 voix. Mme Bois est une ancienne du RMQ qui avait appuyé Régis Labeaume, lorsque celui-ci avait tenté de devenir chef du RMQ. En 2005, la nouvelle candidate de l'équipe Labeaume avait d'abord été défaite lors de l'investiture du RMQ, pour ensuite se présenter comme indépendante dans la Cité-Universitaire. Une troisième défaite aux mains de Jérôme Vaillancourt? Comme on dit : jamais deux sans trois...